Les diplômés de doctorat peuvent reprendre espoir. S'ils ont connu quelques difficultés pendant la crise, ils bénéficient aujourd'hui d'une situation beaucoup plus stable. Orientations revient sur leur devenir professionnel.

« Alors que globalement les conditions d'insertion des sortants du système éducatif en 2007 se dégradent, celles des docteurs s'améliorent ». Ce constat relativement optimiste est tiré par le Céreq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications), lors de son étude sur l'insertion de ces diplômés, à la demande des directions de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Technologie du ministère de l'Éducation nationale. Un bilan qu'ont confirmé l'Apec (Association pour l'emploi des cadres) et quelques établissements de l'USPC (Université Sorbonne Paris Cité), qui lui ont emboîté le pas en 2014 et ont publié des résultats d'enquête satisfaisants concernant le devenir professionnel des docteurs.

Plus de la moitié des docteurs en emploi

Dans son enquête « Le devenir professionnel des jeunes docteurs quel cheminement, quelle insertion 5 ans après la thèse ? » réalisé en juin 2014, l'Apec révèle que plus de la moitié des docteurs sont en emploi un an après leur soutenance de thèse. Si les diplômés de niveau bac +5 et plus ont un taux d'emploi de 63 %, les docteurs « bénéficient d'un taux d'insertion extrêmement élevé, puisque 96 % d'entre eux déclarent avoir déjà occupé un premier emploi », précise le rapport de l'association.

43 % d'entre eux sont en CDI, contre 53 % en CDD, notamment du fait de missions à durée déterminée d'enseignement ou de recherche en lien avec le doctorat (postes ATER, post-doctorat, etc.). « Ils bénéficient en revanche plus fréquemment du statut de cadre que l'ensemble des jeunes diplômés : 87 % contre 62 % », indique l'Apec.

Qu'en est-il en Ile-de-France ? Trois universités de l'USPC ont participé à l'édition 2014 de l'enquête Emploi, pour analyser la situation professionnelle des docteurs ayant soutenu leur thèse en 2013. Celle-ci révèle que « le taux d'emploi des docteurs récemment diplômés est de 81 % » dans cette région. La part des docteurs 2012 en recherche d'emploi au printemps 2014 a diminué de moitié par rapport à 2013, passant de 16 à 8 %. De bons indicateurs qui démontrent les perspectives d'avenir de cette population.

La recherche attire plus que l'entreprise

Les docteurs restent fortement attirés par la recherche. C'est ce que dévoile l'enquête Emploi 2014 de l'USPC : ainsi, 58 % des docteurs diplômés en 2013 travaillent dans la recherche publique et 21 % en recherche et développement dans le secteur privé en Ile-de-France. Ce cas se généralise à l'ensemble de la France, puisque 4 docteurs en poste sur 10 s'orientent vers le secteur public selon l'étude de l'Apec.

Dans le secteur public, les emplois dits "pérennes" ne sont pas au rendez-vous : 7 % des docteurs sont en CDI, contre 89 % en CDI. Dans le secteur privé en revanche, 72 % d'entre eux sont en CDI. Une tendance qui se confirme en région Ile-de France, puisque selon l'enquête de l'USPC, « 77 % des docteurs 2013 dans le secteur privé sont en EDI contre 21 % dans le secteur public ». Quant à l'international, ils sont 40 % de docteurs franciliens à privilégier un emploi à l'étranger.

Le doctorat, en concurrence avec les autres diplômes

Qu'en est-il de l'attrait des recruteurs pour les différents niveaux de diplômes ? Le baromètre de l'emploi Qapa publié en mars 2015 a fait un tour d'horizon du niveau d'études attendu par les recruteurs. Résultat : en région Ile-de-France par exemple, 34,52 % des employeurs recherchent un niveau bac +5 lorsqu'ils embauchent un nouvel élément. Ce chiffre baisse à 27,45 % pour les bac +2, 9,29 % pour les CAP/BEP, et 8,25 % pour le niveau bac.

A titre de comparaison, la même étude réalisée en 2013 démontrait une tendance inverse : le niveau bac +2 arrivait en tête des besoins des recruteurs, alors que le niveau bac +5 n'était qu'en cinquième position.

Une évolution importante en deux ans, qui démontre que le doctorat reste en concurrence rude avec les autres niveaux de diplômes, mais qui peut redonner de l'espoir quant retour en force des hautes qualifications universitaires.

De bonnes perspectives d'avenir ?

Enfin, en 2012, le salaire mensuel médian des docteurs était de 2 470 euros nets, révèle l'enquête du Céreq. Il peut monter jusqu'à 3 000 euros pour les docteurs diplômés d'écoles d'ingénieurs et travaillant dans la recherche privée. En Ile-de-France, la rémunération de ces diplômés en 2014 s'établissait à 38.5 k€ en moyenne par an (environ 3 200 € par mois).

Et des améliorations peuvent encore être possibles. En effet, la loi du 22 juillet 2013 « vise à mieux valoriser le doctorat en permettant à ses titulaires de bénéficier de sa prise en compte pour l'accès à des corps de catégorie A de la fonction publique de l'État », précise le Céreq. Bonne nouvelle également pour les employés du secteur privé : des négociations pour la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives de branche d'ici au 1er janvier 2016 sont aussi prévues.

Selon l'étude de l'USPC, 79 % des docteurs se déclaraient satisfaits voire très satisfaits de leur situation professionnelle en 2014. Un message d'espoir pour tous ceux désireux de poursuivre leurs études supérieures jusqu'au doctorat.

Dernière mise à jour : 22 septembre 2015