D’après l’organisation, le manque de certifications de certains enseignants aurait un impact sur la réussite de leurs élèves.

Après le rapport de la Cour des comptes, c’est au tour de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économiques) de faire un bilan sur la formation des enseignants. Dans son étude, publiée le 11 juin, l’organisation revient sur les résultats de l’enquête Pisa de 2015. Ce programme international évalue le niveau des élèves âgés de 15 ans dans 72 pays. 

En comparant les différentes politiques éducatives, l’OCDE a pu définir 19 systèmes éducatifs à la fois performants et équitables. Parmi les modèles à suivre : celui du Japon, de la Finlande ou encore de l’Allemagne et du Canada. La France a, semble-t-il, encore de nombreux efforts à faire.

Des disparités de niveau selon les lycées

Dans son étude, l’OCDE a analysé les données des lycées les plus favorisés, qui accueillent un quart des élèves de 15 ans, et celles des lycées les plus défavorisés, qui accueillent également un quart des élèves français. Entre les deux, les disparités sont bien réelles. Notamment au niveau de la qualification des enseignants. Parmi ceux qui travaillent dans les lycées les plus défavorisés, 81 % d’entre eux n'ont pas de certification (Capes ou agrégation). Alors qu’ils sont seulement 10 % dans les lycées favorisés. Des chiffres qui peuvent s’expliquer par la présence d’un grand nombre de professionnels qui viennent donner des cours dans les lycées professionnels, or ces écoles font souvent partie des plus défavorisées.

Néanmoins, si une vingtaine d’autres pays sont concernés par cette inégalité comme la Norvège ou la Slovénie, la France observe tout de même le plus grand écart. D’après les chefs d’établissements interrogés en 2015, un tiers des lycéens seraient exposés à des enseignants peu formés dans les écoles défavorisées contre 12 % pour les écoles favorisées. Un écart de 20 points alors qu’il n’est que de 7 points en moyenne dans les autres pays. « Cela montre que les pays peuvent renforcer l’égalité des chances s’ils affectent les meilleurs enseignants aux établissements les plus difficiles », constate le directeur de l’étude.

Des systèmes mieux adaptés au rythme des enseignants

Pour y remédier, les gouvernements français ont, depuis les années 1980, instauré des réseaux d’éducation prioritaire. Ces Rep devaient mettre fin aux inégalités de niveau entre les élèves grâce à la réduction de la taille des classes. Dans les lycées les plus défavorisés, les classes compte 25 élèves contre 33 dans les plus favorisés. Mais selon l’OCDE, c’est bien le niveau des enseignants qui aurait un impact sur la réussite de leurs élèves et pas les effectifs.

Car contrairement à la France, dans les pays les plus performants, les systèmes éducatifs sont adaptés au niveau des enseignants. Ils ont généralement une expérience obligatoire plus longue et ils bénéficient d’une formation en continue, y compris une fois qu’ils sont en poste. Ces formations sont ajustées en fonction des besoins des professeurs. Ils sont donc évalués, non pas pour être sanctionnés ou pour pouvoir évoluer dans leur carrière comme c’est le cas en France, mais pour profiter d’une nouvelle formation qui leur permettra de s’améliorer. Ainsi, comme leurs élèves, les professeurs continuent à apprendre chaque année.

Augmenter la prime des enseignants

En attendant la réforme des enseignants qui se profile à grands pas, Emmanuel Macron a promis d’augmenter la prime des professeurs exerçant dans les écoles difficiles. Cette prime de 2 000 € devrait atteindre 3 000 € par an dès la rentrée 2018. Le but : attirer plus d’enseignants et les inciter à rester plusieurs années dans les écoles défavorisées.

Cette aide financière a déjà fait ses preuves dans d’autres pays mais pour l’OCDE cela n’est pas suffisant. Il faudrait également donner une meilleure image des professeurs et de leur métier. De son côté, la Cour des comptes recommande de mettre en place un concours en deux ans, à partir de la troisième année de licence et non plus en master 1, pour mieux sélectionner et former les futurs enseignants.