D'après une étude réalisée par le Crédoc (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie) pour l’Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), les jeunes sont « pénétrés de l’idée que le monde va être profondément bouleversé par le dérèglement climatique ».

Ils sont même 60% chez les 15-24 ans à penser que « le changement climatique ne sera pas limité à des niveaux acceptables d’ici à la fin du siècle ».

Alors, pour tenter d'endiguer ce phénomène , ils s'engagent davantage dans des associations, comme en témoignent les chiffres; en 2013, les moins de 25 ans étaient seulement 3 % engagés dans des associations de protection de l’environnement ; ils sont aujourd'hui 12 %, contre 6 % pour l’ensemble de la population.

Mais les écoles qui les accueillent et les forment sont t-elles prêtes à agir en conséquence ? A se transformer en profondeur ?


Le Positive Impact Rating ; c'est quoi ?
 

Fort de ce constat, et de l'intérêt grandissant des jeunes pour l'écologie et la durabilité, les organisations internationales étudiantes Oikos, AIESEC et Net Impact, auxquelles se sont associés OXFAM International et UN Global Compact Switzerland, ont décidé d'établir un classement d'un genre nouveau ; mesurer l'impact des établissements sur la société, en corrélation avec l'Agenda 2030 de l'ONU et les objectifs de développement durable qui en découlent.
 

Le Positive Impact Rating (PIR), soit "note d'impact positif" ,est donc le premier classement du genre. Les établissement sondés font, pour la plupart, partie du Top 50 du Financial Times (2018) et du Corporate Knights Green MBA (CK).
 

D'après les étudiants, voici ce que les écoles devraient commencer à faire :

  1. Rendre la formation sur la durabilité et l'impact social obligatoire dans les programmes

  2. Apporter la science et les faits au débat politique

  3. Réduire les émissions de CO2 et les déchets alimentaires

  4. Donner la priorité à la parité entre les sexes parmi les étudiants et les professeurs

  5. Échangez davantage avec d'autres écoles et facultés, partagez les bonnes pratiques et évoluez ensemble

  6. Renommer l'école pour souligner la mission sociale de l'enseignement commercial
     

Et ce qu'elles ne devraient plus faire : 
 

  1. Arrêter d'investir dans les combustibles fossiles

  2. Cesser de traiter la durabilité et l'entrepreneuriat social comme des sujets de seconde zone

  3. Cesser de s'associer et d'accepter des fonds d'entreprises ou d'individus contraires à l'éthique

  4. Arrêter d'embaucher des professeurs qui ne se soucient pas de faire le bien

  5. Arrêter de mettre l'accent sur la maximisation des profits

  6. Arrêter d'envoyer des étudiants à l'étranger pour un cours simplement parce que c'est cool de le faire

Les écoles ont été classées selon cinq niveaux, 5 étant le niveau supérieur et 1 le plus bas :
 

Niveau 1 - Début des efforts dans les écoles qui commencent ou envisagent de démarrer ou qui ont des difficultés à démarrer malgré un engagement ou une vision déclarés

Niveau 2 - Les écoles émergentes commencent à traduire un engagement déclaré à l'action positive dans un ou plusieurs domaines

Niveau 3 - Progression des écoles démontrant des preuves de résultats à travers certaines dimensions d'impact.

Niveau 4 - Transformer les écoles avec une culture d'impact positif, ancrée dans la gouvernance et les systèmes, avec des résultats visibles dans de nombreuses dimensions d'impact.

Niveau 5 - Des écoles pionnières avec des progrès de leadership mondial uniques et durables dans toutes les dimensions d'impact.

Quid des écoles françaises ?

Sur les trentes écoles internationales que compte le classement, cinq sont françaises ! 

Elles se situent sur l'échelon trois. (Progression des écoles démontrant des preuves de résultats à travers certaines dimensions d'impact.)
 

Il s'agit donc :
 

d' Audencia Business School,

de l'EDHEC Business School ,

de  Grenoble Ecole de Management ,

de l'IESEG School of Management ,

et enfin, de KEDGE Business School .

A court ou moyen terme, il se pourrait bien que ce classement apparaissent comme un critère pour les futur(e)s étudiant(e)s, important pour certains et obligatoire pour d'autres.
 

Nos confrères des Echos ont d'ailleurs réalisé un article complet et très riche à ce sujet, qui porte notamment sur les requêtes faites par les étudiants envers leurs écoles en matière d'écologie (mais pas que !) : à lire ici