Présentation

Peu promu, le métier de restaurateur de meubles tend progressivement à disparaître. Précision, patience, habileté et organisation sont les maîtres mots du métier de restaurateur de meubles. Mais aujourd'hui, il se doit aussi d'être, en tant qu'artisan, un gestionnaire hors pair. Une grande culture de l'histoire de l'art est évidemment indispensable.

Les débouchés restent stables d'année en année. On peut même dire que la conservation du patrimoine devenant un sujet de société, le restaurateur de meubles aura toujours du travail, que ce soit au service d'antiquaires ou de particuliers.

Un travail de longue haleine

Pour Jean-Christophe, le désir de devenir restaurateur de meubles a été une révélation. Après avoir passé un brevet technique en ébénisterie, Jean-Christophe s'est rapidement installé à son compte : « J'étais salarié d'une entreprise qui a ensuite fermé ses portes. Alors, plutôt que de me retrouver au chômage, j'ai préféré louer un atelier clef en mains ». Les restaurateurs de meubles sont en effet, pour la grande majorité, des artisans. Un statut pas toujours facile à vivre : « Il faut savoir que l'on travaille beaucoup et que l'on ne gagne pas forcément bien sa vie. De plus, il faut être un bon gestionnaire et un bon commercial à la fois. Certes, on est son propre patron, mais du coup il faut aussi assumer tous ses choix ». Ce métier très technique consiste à restaurer des meubles anciens, pour des particuliers ou des antiquaires : « Personnellement, j'ai choisi de n'intervenir que sur de grosses restaurations, les petites ne m'intéressent pas. Je suis partisan du tout ou rien : lorsque j'oeuvre sur un meuble, je le restitue prêt à affronter deux siècles encore ! »

Une actualisation permanente des connaissances

Jean-Christophe suit régulièrement des stages et des formations pour se tenir informé des récentes évolutions. Outre un maniement précis des outils et une connaissance parfaite des méthodes utilisées, le restaurateur de meubles doit surtout maîtriser l'histoire de l'art et des styles mobiliers : « Dès réception d'un meuble, il me faut définir son style et la manière dont il a été conçu. Mon travail consiste ensuite à réutiliser le bois, la colle et les matériaux de l'époque pour redonner son âme au mobilier. Il est ainsi impossible pour un professionnel de couper le bois avec des lames du XXIe sur un meuble du XVIIe siècle ! »
La restauration peut sembler routinière, « pourtant aucun meuble ne se ressemble ni n'est abîmé de la même façon. » Alors, comment devenir un bon restaurateur ? « C'est simple ! Il faut d'abord être un bon ébéniste et donc maîtriser les techniques de fabrication avant celles de réparation. »

Formation

Comment devenir restaurateur de meubles ?

La restauration de meubles anciens est aujourd’hui devenue une véritable spécialité sous le coup de l’apparition de nouvelles techniques qui nécessitent des remises à niveau constantes.

Après la 3e

Le CAP d’ébénisterie, d’une durée de deux à trois ans, s’effectue en formation classique ou en alternance. Le bac professionnel Artisanat et métiers d’art, option Ébénisterie, permet d’étudier les arts appliqués et de se perfectionner dans le domaine technico-professionnel.

Enfin, il est également possible de s’orienter vers des diplômes équivalents au bac pro spécialisés en ébénisterie : brevet de maîtrise (en deux à quatre ans), brevet des métiers d’art, brevet technique des métiers ou encore diplôme de fin d’études secondaires en métiers d’art. Tous ces diplômes permettent d’intégrer un atelier ; il est toutefois vivement conseillé de suivre une spécialisation en restauration de mobilier pour maîtriser l’ensemble des rouages de ce métier.

Après le bac

Une formation complémentaire en un an vous initie à l’histoire de l’art et des styles, au dessin et au modelage, disciplines indispensables pour bien débuter dans le métier.

Ceux qui souhaitent poursuivre encore leur cursus d’études pour obtenir un titre de niveau bac+2 peuvent choisir un BTSM (brevet technique des métiers supérieurs) ou un DMA (diplôme des métiers d’art) Arts de l’habitat, option Décors et mobiliers, dont la préparation s’effectue en deux ans.